Samedi 10 septembre.
Comme dans un rêve ! C'est peut-être la voie en granite qui me faisait le plus rêver (surtout depuis que j'avais acheté le livre des plus belles parois d'Europe :) mais il faut bien avouer que
vues les cotations avec le matériel à poser, il y avait un monde avant de se dire que cela pouvait être envisageable.
On en avait parlé avec Manu mais nos dispos ou les conditions n'étaient jamais au rendez-vous. De mon côté, il faut bien dire que les 2 séjours dans le Mt Blanc il y a quelques semaines m'ont
laissé entrevoir que ce Voyage selon Gulliver était sans doute envisageanble sans se mettre terreur. Je ne vais pas dire que ça l'a démystifié complètement mais tout de même les 2 voies au Moine
m'ont vraiment mis en confiance.
En tout cas, ça vaut le coup parfois d'attendre un peu car ce week-end, les conditions étaient vraiment exceptionnelles : des températures idéales, une météo stable, la face parfaitement
sèche...et une bonne saison de grimpe dans les pattes !
Après une nuit à Torino, on arrive au pied de la face avec les premiers rayons. La rimaye est un peu délicate mais passe encore sans trop de difficultés. On a commencé (classiquement) par
l'Elixir d'Astaroth pour rejoindre le départ de Voyage selon Gulliver. On n'est pas sorti par contre par le toit de Panoramix...pas le niveau d'un 7c non équipé ! Il faudra muter un peu beaucoup
avant :) Ce ne sera donc qu'une double directe ! Un petit mot par longueur...
Le niveau de neige est assez bas, on fait donc une longueur L0 en diagonale pour rejoindre le départ de l'Elisir d'Astaroth.
L1 : fissure sous un toit que l'on traverse pour sortir. Assez athléthique et pas facile à froid. 6b+. 0 point.
L2 : fissure fine rayant une dalle. Splendide. Le final est un peu engagé car délicat à protéger. 6b+ plutôt que 6a+ ! 0 point.
L3 : fissure encore puis on contourne un petit toit. 6a+/6b plutôt que 6c. 0 point. Relais juste avant la vire. On arrive au départ de Gulliver.
L4 : liaison en IV/V en fissure/renfougne (en diagonale vers la gauche). 0 point.
L5 : superbe longueur variée. Une section un peu engagée car difficilement protégeable. 6b plutôt que 6a. 1 piton.
L6 : dalle légèrement à gauche, petit fissure oblique puis re-dalle. 6c pas très dur mais obligatoire. 2 spits.
L7 : décaler à droite pour remonter la première fissure, petit pas en dalle puis belle fissure sous un bombé. 6b+, 1 spit, 1 piton.
L8 : rampe à droite puis dülfer hyper délicate en équilibre très très précaire. Pas enchaîné en second...en tête ça m'a paru sur-lunaire de pouvoir poser les protections en enchaînant ! Bref, 0
pointé pour l'enchaînement l'un comme l'autre mais ça passe ! 1 spit pour le pendule, 1 piton en sortie. 7a+/7b ? pour l'ensemble.
L9 : fissure raide droit au dessus. 6a puis V+. 0 point.
L10 : droit au dessus puis fissure en arc de cercle (ou plus à droite ? 2 pitons), délicate à protéger. 6c. 0 point.
L11 : système de fissures en oblique à gauche. Assez génial, le passage de l'une à l'autre ! Final de plus en plus dur mais on respire avec 2 spits et 1 piton ! 6c/7a
L12 : Petit pendule (ou 7b ?) puis fissure très soutenue en 7a, pieds assez fuyants, puis pendule ! 1 couplage de pitons.
L13 : en diagonale à gauche. 2 pas de 6a/b sinon V+. 0 point.
L14 : fissure-cheminée en V+. 2 pitons, 1 vieux spit.
L15 : facile pour aller jusqu'au...sommet !!
Retour en rappels (très efficaces) dans la voie.
On avait quasi 2 jeux de friends jusqu'au 3, c'était bien confort même si avec du recul 1 jeu complet + 3/4 doublures dans les petits / moyens aurait été suffisant. Globalement, il y a très peu
de matériel en place (relais par contre bétons sur 2 spits + maillon rapide) mais la voie se protège bien. Il y a cependant de courtes sections engagées. L10 et L11 m'ont paru les 2 longueurs les
plus "psycho" car les protections sont plus délicates à poser ou/et moins fiables.
Retour à Torino pour passer une (courte) nuit réparatrice !
Participants : Manu et Mick.
P.S. : toutes mes pensées à Jean, décédé quelques jours avant dans les Aiguilles Rouges. On a partagé beaucoup de moment de grimpe ensemble et les falaises de Haute Loire n'auront plus tout à
fait la même saveur...J'ai toujours été impressionné par la passion qui t'animait encore malgré ton incroyable passé de guide...et puis quelle classe tout de même, après toute une vie
d'expéditions et d'alpinisme engagé de s'émerveiller encore en arrivant au dessus des groges de la Loire pour aller faire de la falaise. Adieu Jean...je te dédie très modestement cette magnifique
course dans ce massif que tu connaissais sur le bout des doigts.
Au pied, ça en impose un peu tout de même !
L1 de l'Elixir et son petit toit caractéristique.
L2 seulement et déjà une longueur exceptionnelle.
Fin de L2 : pas facile et assez engagée en tête.
L3 : un pseudo 6c très cool pour le coup !
L5 : splendide !
Fin de L5.
L6 : un bout de dalle en 6b, un morceau de fissure, un zest de
dalle en 6c...tout va bien !
L6 version grand angle.
L7 : courte mais pas avec un petit pas de dalle délicat.
Manu dans L7.
Au départ de la fameuse dülfer à la limite de l'équilibre.
Et bim, ça va bientôt zipper...Catherine avait pourtant dit dans son film : "le pied gauche dans la fissure" !
L9 : plus cool mais fort belle.
L10 : splendide encore
mais avec certaines sections muy délicates à protéger.
En second, on est nettement plus détendu mais ça ne saurait tarder...
L11 : bien classe avec ses passages d'une fissure à
l'autre mais les protections ne sont pas évidentes à poser partout.
Manu au départ de L11.
Dans le finish de L11.
Dernier 7a : superbe même si la fatigue commence à se faire sentir.
L12 : fin de la fissure, bientôt le pendule !
L13 : un V+ au bon goût de 6b !
Dernière longueur avant la fin en corde tendue.
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